Monseigneur Forcade, sacré évêque à Hong Kong

Théodore-Auguste Forcade est membre de la société des Missions Etrangères ; sa carrière religieuse est riche et mouvementée. Envoyé au Japon, il se sert de Hong Kong comme base arrière face à l’hostilité des autorités de l’archipel nippon. Le 21 février 1847, il est sacré évêque de Samos… dans la colonie britannique.

Le parcours de Forcade est celui d’un nomade. Né à Versailles en 1816, il est professeur au séminaire en 1838 et ordonné prêtre l’année suivante. Mantes, Sucy, Paris sont les premières destinations hexagonales du jeune religieux qui aspire à d’autres horizons. Il entre aux Missions Etrangères en 1842 et part immédiatement pour l’Extrême-Orient sans destination précise. Il est un temps à Macao, puis sur les îles Riu-kiu au large du Japon, avant de tenter une entrée sur l’archipel nippon. C’est un échec : surveillé par les autorités, il n’a aucun contact avec la population.

Hong Kong devient donc la base arrière de ses opérations. En 1846, Théodore Auguste Forcade est nommé vicaire apostolique du Japon et évêque de Samos, cette dernière charge étant purement honorifique. La cérémonie a lieu à Hong Kong le 21 février 1847. Le Père Libois, présent à la cérémonie, prédit : « Voilà Mgr. Forcade sacré mais que d’obstacles lui restent à vaincre pour qu’il puisse travailler au salut de son troupeau ». Prudent et surtout échaudé par sa première expérience nippone, le nouveau prélat préfère attendre à Hong Kong que « les canons anglais et américains aient ouverts le Japon ».

Intenable, il repart et sillonne l’Indochine, revient en France, passe à Londres et séjourne à Rome où il récupère une nouvelle charge : pro-préfet apostolique de Hong Kong. Ce cumulard s’intéresse à cette nouvelle fonction plus qu’à toute autre. C’est là qu’il est remarqué par son zèle. Il facilite l’arrivée des sœurs de Saint-Paul de Chartres dans la colonie anglaise, et par conséquent l’établissement du premier orphelinat de la Sainte-Enfance. Sa sœur, Calixte Forcade, dans les ordres sous le nom d’Alphonsine est par ailleurs la Supérieure de cette maison.

Son œuvre au Japon est nettement plus laborieuse et lui attire beaucoup d’ennuis. En 1851, il négocie avec les Jésuites et leur cède l’évangélisation du Japon. Un accord qui outrepasse ses attributions et le contraint à la démission de son vicariat, mais aussi des Missions Etrangères. Il continue toutefois une brillante carrière, de la Guadeloupe à Nevers, et termine archevêque d’Aix. Il s’éteint en 1885, du choléra contracté auprès de ses malades.

François Drémeaux

Sources :

  • Archives des Missions étrangères de Paris
  • Francisque Mamas, “La religion de Jésus ressuscitée au Japon”, 1897